# Protéomique : un test sanguin pour prédire le risque de plusieurs maladies ?

> Mesurer des milliers de protéines du sang pour estimer le risque de plusieurs maladies : une piste de recherche prometteuse, encore loin d'un usage courant.

URL : https://monbilansanguin.fr/actualites/proteome-test-predictif-multi-maladies/  
Mis à jour le : 2026-06-21  
Éditeur : Mon Bilan Sanguin (Smart Medical Care SAS) — rédigé et relu par l’équipe Mon Bilan Sanguin

## À retenir

- La protéomique mesure simultanément des milliers de protéines circulant dans le sang à partir d'un seul prélèvement.
- Des travaux récents ont construit des « scores de risque » protéiques associés à de nombreuses maladies et à la mortalité.
- Ces résultats sont prometteurs mais préliminaires : surtout validés au sein d'une même cohorte, ils doivent être confirmés ailleurs.
- Ce n'est ni un test de dépistage grand public, ni un auto-test, ni un diagnostic.
- Toute démarche de prévention passe par votre médecin, qui interprète un résultat dans son contexte.

## De quoi s'agit-il ?

Une prise de sang classique mesure quelques marqueurs ciblés (glycémie, cholestérol, CRP…). La
**protéomique** change d'échelle : à partir d'un **seul prélèvement**, elle dose **des milliers de
protéines** circulant dans le sang en même temps. L'idée explorée par la recherche est d'utiliser
cette « photographie » très détaillée pour **estimer le risque** de développer différentes maladies
dans les années qui suivent.

## Comment cela fonctionne ?

Les protéines reflètent ce qui se passe dans nos organes : inflammation, métabolisme, réparation
cellulaire… Des plateformes de mesure (comme la technologie Olink) quantifient des **centaines à
des milliers de protéines** par échantillon. Des algorithmes apprennent ensuite, sur de **très
grandes bases de données**, quelles combinaisons de protéines sont associées à la survenue de
telle ou telle maladie. On obtient un **score de probabilité**, et non une réponse « oui / non ».

## À quoi cela pourrait servir ?

L'espoir est de **mieux repérer les personnes à risque** pour adapter leur suivi, parfois plus tôt
qu'avec les outils actuels, et avec **une seule analyse** plutôt que de multiples examens. C'est
une approche cohérente avec la **médecine préventive et personnalisée**.

## Où en est la recherche ?

D'après des travaux indexés sur **PubMed**, un score de risque protéique construit à partir de
**1 461 protéines** mesurées chez plus de **50 000 participants** a permis de **stratifier le
risque de 45 affections** (maladies cardiovasculaires, cancers, démence, mortalité…), avec une
performance souvent comparable, voire supérieure, à des indicateurs cliniques usuels (You et al.,
*Nature Communications* 2023, [DOI](https://doi.org/10.1038/s41467-023-43575-7)). D'autres équipes
explorent la même piste pour la **détection précoce de cancers**, par exemple du poumon, jusqu'à
plusieurs années avant le diagnostic (Davies et al., *EBioMedicine* 2023,
[DOI](https://doi.org/10.1016/j.ebiom.2023.104686)).

## Est-ce déjà disponible ?

**Non, pas en pratique courante.** Les auteurs eux-mêmes soulignent que leurs modèles ont été
**validés à l'intérieur d'une même cohorte** et qu'une **validation indépendante** sur d'autres
populations est nécessaire avant tout usage clinique. Ces tests ne sont **ni proposés en routine,
ni remboursés, ni recommandés en dépistage** de la population générale.

## Limites, faux positifs et faux négatifs

Comme tout outil de risque, ces scores peuvent se tromper :

- un **faux positif** (risque surestimé) peut générer une **inquiétude** et des examens inutiles ;
- un **faux négatif** (risque sous-estimé) peut **faussement rassurer** ;
- la performance mesurée dans une grande base de données ne se transpose pas automatiquement à un
  individu donné ni à toutes les populations.

Un score **isolé n'a pas de valeur** sans l'évaluation d'un médecin (voir
[Information, interprétation et diagnostic](https://monbilansanguin.fr/guides/information-interpretation-diagnostic/)).

## Ce que cela change aujourd'hui

C'est une **piste de recherche stimulante**, à suivre, mais qui **ne modifie pas encore** la façon
dont on prévient ou dépiste les maladies. Pour évaluer votre risque (cardiovasculaire, par
exemple), des examens **validés et accessibles** existent déjà : parlez-en à votre **médecin**. Sur
des approches voisines fondées sur la génétique, voir
[Score de risque polygénique : prédire le risque cardiovasculaire ?](https://monbilansanguin.fr/actualites/score-risque-polygenique-cardiovasculaire/),
et sur l'aide à la lecture des résultats,
[Une IA peut-elle aider à comprendre une prise de sang ?](https://monbilansanguin.fr/guides/ia-comprendre-prise-de-sang/).

## Questions fréquentes

### Un seul test sanguin peut-il vraiment prédire plusieurs maladies ?

En recherche, des modèles fondés sur des milliers de protéines du sang estiment le risque de nombreuses pathologies. Mais ce sont des probabilités, pas des diagnostics, et ces outils ne sont pas validés pour un usage courant. Ils ne remplacent pas un suivi médical.

### Puis-je demander ce test à mon laboratoire ?

Non. Ces analyses protéomiques à grande échelle relèvent aujourd'hui de la recherche : elles ne sont pas proposées en routine, ni remboursées, ni recommandées en dépistage. Si vous vous interrogez sur votre risque (cardiovasculaire, cancer…), parlez-en à votre médecin : des examens validés existent déjà.

## Sources

- [PubMed — You et al., Nature Communications 2023](https://doi.org/10.1038/s41467-023-43575-7)
- [PubMed — Davies et al., EBioMedicine 2023](https://doi.org/10.1016/j.ebiom.2023.104686)
- [Haute Autorité de Santé (HAS)](https://www.has-sante.fr)

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Information pédagogique de monbilansanguin.fr : ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas un avis médical. Les valeurs de référence varient selon le laboratoire ; un résultat s’interprète avec le contexte et un professionnel de santé.
